1. L’éphémère reconquête de Constantinople par les Paléologues, dans un étau d’hostilités
En 1258, l’Empire de Nicée passa sous la ferme autorité du régent Michel Paléologue, qui reconquit sans grande difficulté Constantinople (juillet 1261) avant de se faire couronner empereur à Sainte-Sophie sous le nom de Michel VIII et fonda la dernière dynastie byzantine, celle des Paléologues.
L’Etat grec restauré n’était plus que l’ombre de celui de la dynastie macédonienne. Les Latins ne laissaient derrière eux que des ruines. L’Empire de Michel VIII était d’ailleurs réduit au Nord-Ouest de l’Asie Mineure, à la Thrace, à une partie de la Macédoine, à l’Epire et à quelques places du Péloponnèse. A l’Est subsistait l’Empire grec indépendant de Trébizonde. En Grèce, le duché d’Athènes allait passer des mains des Français à celles de mercenaires catalans. La prospérité économique de Byzance était ruinée pour toujours et tous les Paléologues durent se débattre dans de terribles difficultés financières.
En face du péril turc, la seule issue était un rapprochement avec l’Occident : c’est le parti qu’adoptèrent Michel VIII au XIIIème siècle, Manuel II à la fin du XIVème siècle, Jean VIII au XVème siècle, mais leurs tentatives se heurtèrent chaque fois à l’hostilité furieuse du clergé et du peuple byzantins.
Les successeurs de Michel VIII se retrouvèrent en outre aux prises avec un double péril : d’une part, dans les Balkans, la Serbie d’Etienne Douchan (1331-1355) grandissait démesurément ; d’autre part, la tribu turque des Ottomans commençait sa marche vers l’Asie Mineure.
Voir la carte de l'Empire Byzantin de Michel VIII Paléologue (en orange) pris en étau par la croissance de nouvelles puissances.
2. Les restes de l'Empire Byzantin aux mains des dynasties turques
Dès 1326, les Ottomans installèrent leur capitale à Brousse, non loin de Constantinople, puis ils s’emparèrent de Nicée (vers 1330-1331), passèrent en Europe (1353), s’assurèrent les détroits par la prise de Gallipoli (1357), transportèrent leur capitale à Andrinople (1365) et détruisirent rapidement l’Etat serbe (bataille de Kossovo, 1389). Devant de tels progrès, l’Europe commença à s’inquiéter et le roi de Hongrie fit lever une armée de croisés. Mais cette armée fut écrasée à Nikopol par Bayézid 1er (1396). Cependant, Bayézid 1er et les Ottomans durent essuyer une défaite face au musulman Tamerlan (bataille d’Ankara, 1402), mais l’Empire byzantin, qui aurait pu tirer parti de cette défaite ottomane, ne sut se servir de cet élément.
En 1430, les Turcs s’emparèrent de Thessalonique. De l’Empire grec, il ne restait plus que Constantinople, quelques îles de la Mer Egée et le despotat de Mistra (Péloponnèse). Devant une telle détresse, Jean VIII (1425-1448) entreprit une tournée en Europe afin d’obtenir l’alliance du Saint-Siège et des princes occidentaux : au Concile de Florence (1439), l’union entre l’Eglise de Rome et l’Eglise orientale fut donc solennellement proclamée. Cet acte souleva la fureur du clergé et du peuple byzantins, et ne valut au malheureux Jean VIII qu’un faible secours de l’Occident : une petite armée de croisés, commandée par le Hongrois Jean Hunyade, se fit battre par les Turcs (dirigée par le sultan Mourad II) à Varna en 1444.
Byzance, abandonnée à son sort, était désormais définitivement perdue. Le dernier empereur de la dynastie des Paléologues, Constantin XI, trouva une mort héroïque en défendant Constantinople, qui finalement tomba aux mains du sultan Mahomet II à l’aube du 29 mai 1453.

Le despotat de Mistra succomba à son tour en 1460, et l’Empire de Trébizonde en 1461.
Auteur : Historien
Source : Dictionnaire Mourre
_______________________________________________________________