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L'Empire byzantin (2) : Les dynasties isaurienne et amorienne (717-867)

Voir le chapitre précédent :

L'Empire Byzantin (1) : Du partage de l'Empire romain à la dynastie d'Héraclius (285-717)



1. Les Isauriens et l'iconoclasme

Les descendants d’Héraclius perdirent le pouvoir à la suite de violents conflits intérieurs. Empereur en 685, Justinien II fut renversé en 695 par l’aristocratie. En l’espace de 21 ans, de 695 à 716, six empereurs furent successivement détrônés, alors que les Slaves menaçaient de plus en plus Constantinople et que les Arabes avaient repris leur marche. L’ordre fut restauré par un général de l’armée d’Anatolie, Léon, originaire de Syrie, qui se fit couronner empereur sous le nom de Léon III à Sainte-Sophie et fonda la dynastie isaurienne.

Léon III (717-741) joua un rôle de véritable sauveur : en 717-718, il repoussa devant Constantinople une puissante offensive des Arabes, auxquels il reprit ensuite la partie occidentale de l’Asie Mineure. Cependant, c’est également sous le règne de Léon III qu’éclata une puissante querelle politico-religieuse qui allait agiter pendant plus d’un siècle l’Empire byzantin : l’iconoclasme. Politiquement, l’iconoclasme était une réaction du pouvoir impérial contre la puissance croissante des moines, grands bénéficiaires de l’anarchie qui accompagna le déclin des Héraclides. Alors que les moines exploitaient la superstition populaire avec les représentations matérielles du Christ, de la Vierge, des saints, etc., les empereurs décidèrent de porter un coup décisif au monachisme en interdisant le culte des images, sous prétexte d’étouffer une idolâtrie naissante et de restaurer la pureté du christianisme. Après une persécution particulièrement violente sous Constantin V et Léon IV, une accalmie se produisit sous Irène, qui entrevoyait les dangers auxquels cette crise exposait l’unité intérieure de l’Empire. Mais l’iconoclasme prit un nouveau départ sous Léon V l’Arménien (813-820), et la persécution des moines se renforça sous Michel le Bègue (820-829) et sous Théophile (829-842). La lutte ne prit fin qu’en 843, avec le Concile de Nicée, qui rétablit le culte des images.

2. La montée des difficultés et des menaces

Repoussés sous Léon III, les Arabes firent un retour offensif au temps de l’impératrice Irène. Cependant, au début du IXème siècle, le principal effort de l’Islam se portait sur les côtes de la Méditerranée ; les frontières de l’Empire byzantin ne furent pas sérieusement menacées, en dépit du massacre d’Amorion (838). La victoire du général Bardas à Poson (863) confirma le recul arabe à l’Est.

Mais, en Méditerranée, les musulmans pillèrent les îles grecques et les ports du continent, s’emparèrent de
la Crête et de la Sicile. Du côté des balkans grandissait le danger slave. Les Bulgares, alliés de Byzance sous Léon III, reprirent bientôt une attitude d’hostilité. Constantin V vit lucidement la nécessité d’écraser l’Etat bulgare, mais il ne put y parvenir malgré sa victoire d’Anchialos (762).

Ces hostilités n’empêchèrent pas la civilisation byzantine de rayonner sur les Slaves : la conversion des Bulgares au christianisme eut lieu après 860, mais la religion commune n’atténua pas les antagonismes politiques. Vers la même époque, Constantinople vit d’ailleurs poindre un nouveau péril : celui des Varègues, chefs scandinaves fondateurs de la Russie kiévienne. En outre, il ne resta petit à petit plus rien du prestige des empereurs orientaux en Occident : le couronnement impérial de Charlemagne par le pape en 800 fut une grave humiliation pour Byzance. Il y avait désormais un nouvel empire d’Occident, et ce même si le basileus ne le reconnaissait pas juridiquement.

Sur le plan intérieur, le gouvernement byzantin traversa une période de grande instabilité. Irène, qui avait pris le pouvoir à la mort de son mari Léon IV en 780, n’hésita pas à détrôner son fils Constantin VI, devenu majeur, et à lui faire crever les yeux (797). Elle régna cinq ans encore avant d’être renversée en 802 par le coup d’état de Nicéphore 1er. Celui-ci ayant par la suite été tué par les Bulgares, d’autres coups d’état chassèrent ses successeurs, Michel 1er (813) et Léon V l’Arménien (820). Michel II le Bègue (820-829) fonda alors une dynastie éphémère, la dynastie amorienne (aussi appelée dynastie phrygienne), qui se poursuivit jusqu’à son petit-fils Michel III l’Ivrogne (842-867). Sous le règne de ce dernier, le gouvernement fut en réalité exercé par deux généraux, dont Basile le Macédonien qui, après s’être fait adopter par l’empereur Michel III, élimina son bienfaiteur et prit sa place sur le trône.

 

La suite de ce chapitre est ici :

L'Empire Byzantin (3) : La dynastie macédonienne et l'apogée de l'Empire byzantin (867-1057)

Auteur : Historien

Source : Dictionnaire Mourre

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