Mail :




en ce moment
5 connectés
aujourdhui
8 visiteurs
Global
36828 visiteurs
Google

Le Livre d'Or est désactivé suite à des problèmes de spam. Merci de votre compréhension.




Grandes Découvertes : quelles origines ?

Pourquoi et comment, à la fin du Moyen Age, le mouvement de reconnaissance des Européens à travers le monde s’est-il subitement accéléré ?

Différents facteurs de l’évolution historique doivent être pris en considération.

1. Economie et politique

Sur le plan économique et politique, c’est à la fois l’ambition d’une bourgeoisie arrivée à maturité, le besoin qu’elle a de débouchés pour ses capitaux et ses marchandises et le besoin de terres nouvelles pour une société aristocratique désormais à l’étroit en Europe.

À la fin du Moyen Âge, à côté des vieilles structures féodales s’est développée une bourgeoisie riche, qui pratique déjà un véritable commerce “ international ” (dans le sens médiéval et eurasiatico-africain du terme… Rappelons que le continent américain n’est pas encore connu (du moins officiellement) et que la notion d’ “ international ” ne couvre donc que les continents européen, asiatique et africain), à partir de grands centres tels que Venise, Gênes, Lyon, Augsbourg, Munich, Bruges. Cette bourgeoisie cherche à développer sa richesse en élargissant ses marchés. Pour cela, elle cherche de nouveaux produits à vendre, des produits rares, précieux et de gros rapport.

En 1453, la prise de Constantinople par les Turcs Ottomans modifie la donne commerciale et transforme la route des épices par le Moyen-Orient. En effet, contrairement à une idée stéréotypée, le commerce vers l’Orient n’est pas enrayé. En effet, le trafic est toujours aussi actif, mais est monopolisé par certaines puissances (Venise et Gênes en particulier) ayant établi des Traités de Paix et de Commerce avec l’Empire Ottoman. Ainsi, les autres puissances telles que le Portugal et l’Espagne (grand rival des Ottomans en Méditerranée, car fervent défenseur de la Chrétienté et de la Reconquista) cherchent un itinéraire concurrent et moins cher, notamment par voir maritime.

Parallèlement, a fin de la guerre de Cent Ans (1337-1453) libère les énergies françaises et anglaises, affaiblies par le manque de numéraire. En effet, le manque de monnaie entraîne d’une part la baisse des échanges, d’autre part la baisse des prix, ce qui entraîne par la suite un freinage de la production (et donc, là aussi, un renforcement de la baisse des échanges). Ainsi, il devient nécessaire pour les puissances française et anglaise de chercher les métaux précieux. Or, on croit que la formation des métaux précieux est favorisée sous les climats chauds, ce qui est un nouveau stimulant pour l’esprit de découverte.

Saint Eloi orfèvre, peinture de Petrus Cristus : représentation d'une bourgeoisie aux revendications grandissantes suite à la Guerre de Cent Ans

2. Religion

Sur le plan religieux se développent en même temps l’idée de la croisade défensive, le souci de retrouver les frères chrétiens qui vivent au-delà de l’empire des infidèles, enfin le sens missionnaire de l’Église de nouveau en éveil. L’esprit de croisade est toujours vif, alors que la Reconquista espagnole gagne du terrain sur les Musulmans, et alors que les Ottomans prennent de plus en plus d’importance à l’Ouest, inquiétant les puissances chrétiennes occidentales.

Les Portugais et les Espagnols repoussent les Musulmans en Afrique et même établissent des présides (des garnisons) en Afrique du Nord pour se protéger de nouvelles invasions. En outre, depuis le XIIIe siècle, on sait qu’il existe, au-delà de l’empire des Turcs et des Barbaresques, un grand royaume fort et riche, l’Ethiopie (ancien Royaume de Saba), dont le prince est un chrétien. Ce royaume d’Ethiopie s’étend peut-être jusqu’à la côte ouest de l’Afrique et donc, dans l’esprit des populations ibériques, il es sans doute possible de l’atteindre par l’Atlantique, car en effet, la formation d’une alliance entre les royaumes chrétiens ibériques et le royaume d’Ethiopie permettrait de prendre les Musulmans d’Afrique du Nord à revers.

3. Sciences et techniques :

Sur le plan intellectuel, on assiste à une véritable révolution géographique, technique et scientifique au XVe siècle. Les idées concernant la taille et la forme de la Terre se modifient d’une part grâce aux Musulmans orientaux, qui ont étudié, recopié, puis transmis aux Européens les idées et les travaux des géographes de l’Antiquité hellénistique. En effet, les “ géographes ” de l’Antiquité nous ont laissé des descriptions précises : Hérodote connaissait les côtes méditerranéennes jusqu’à Gibraltar ;  Aristote et Ératosthène avaient montré que la Terre était sphérique ; Strabon avait décrit le monde, des tropiques au 54e degré de latitude nord et de l’Atlantique à la Chine. Enfin, Claude Ptolémée (IIe siècle apr. J.-C.), photo ci-dessous, a fait une synthèse de tous les travaux antérieurs.

Claude Ptolémée

D’autre part, ces idées nouvelles se répandent grâce à des récits de voyageurs tels que les récits de Marco Polo, qui révèlent l’existence du Cipangu (le Japon) et du Cathay (la Chine). Toutes ces nouvelles informations amènent à une redéfinition de la géographie,  disant que l’Afrique et l’Asie sont entourées par un même océan, sur lequel on peut naviguer jusqu’au Cathay, qu’il est donc possible d’atteindre par l’ouest. À cette révolution géographique correspond, dans l’art de la navigation, un gros progrès, dû à deux princes portugais : Henri le Navigateur (1394-1460) et Jean II (1455-1495).

Henri le Navigateur rassembla à Sagres, un groupe de savants qui, grâce aux progrès de la géographie, réunirent la première collection cartographique de l’époque. Sous Jean II, seulement, la “ junte des mathématiciens ” découvrit le moyen de calculer la latitude d’un lieu quelconque grâce à l’astrolabe, qui sert à mesurer l’angle de l’étoile Polaire, puis du Soleil et de la Croix du Sud (dans l’hémisphère austral) avec l’horizon.

Un astrolabe

Egalement, les marins portugais utilisaient des instruments comme la balestille, ou “ bâton de Jacob ”, formée d’un segment glissant sur une tige : le rapport entre la hauteur du segment et la hauteur de la tige donne la hauteur de l’astre. De même, les tablettes de l’Inde (le kamal arabe) servant à marquer les distances, ont été utilisées par les Portugais.

Les constructions navales firent aussi, au XVe siècle, un progrès décisif. Jusque-là on n’utilisait que la galère (lourde et lente, à un seul mât et une seule voile) ou la nef (légère, effilée et rapide, mais trop basse sur l’eau pour affronter les vagues de la haute mer et de l’océan). Au XVe siècle apparaît au Portugal la caravelle, navire de haut bord comme la nef, mais plus court et plus léger (30 mètres de long), pourvu de cinq voiles réparties sur trois mâts qui lui permettent d’atteindre la vitesse de dix kilomètres à l’heure. La nef , quant à elle, cédera la place au galion, grosse caravelle ou nef rapide (caraque) selon les cas.

Exemple de caravelle (reconstitution de la caravelle

Auteur : Historien

Source : Encyclopédie Universalis

_______________________________________________________________

 
Site en création par Frichtiweb.com - © Copyright Frichtiweb.com - 2007
Développé pour IE7, compatibilité autres logiciels.