1. La Gaule avant Clovis : une Gaule divisée
Vers 480, la Gaule est divisée en 5 territoires soumis à des dominations différentes :
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Les Francs, au nord de la Somme
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Les Gallo-Romains, entre la Somme et la Loire, dirigés par Syagrius dont le commandement se trouve à Soissons
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Les Wisigoths, de la Loire jusqu’au sud de l’Espagne
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Les Burgondes, dans les vallées de la Saône et du Rhône
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Les Alamans, en Alsace et en Lorraine
Ces populations sont très différentes, notamment par leur religion : les Gallo-Romains sont catholiques, les Wisigoths et les Burgondes sont ariens, les Alamans et les Francs sont païens.
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2. Clovis et sa volonté d’expansion
Le règne de Clovis débute ainsi en 481, dans un territoire divisé et hétérogène. En 481, Clovis est tout juste âgé d’une quinzaine d’années. La nature de son pouvoir est complexe et repose sur des éléments symboliques. En effet, tout d’abord, le nom de Clovis (nom latin : Clodevicus, nom franc : Hlod-Wig) signifie « glorieux au combat »(1). Ensuite, la puissance magique (le mund) du chef guerrier apparaît à travers la chevelure longue : tout roi, tout chef de guerre se doit d’avoir des cheveux longs.
2.1. L’alliance entre Francs saliens et Francs rhénans
Acclamé par une partie des Francs saliens, Clovis possède une ambition qui le pousse à étendre son pouvoir jusqu’au sud. Une telle ambition aurait été, en théorie, un sujet de compétition entre Francs saliens et Francs rhénans. Mais dans la pratique, les Francs rhénans se heurtent à la poussée des Alamans, et n’ont d’autre choix que de s’allier aux Francs saliens pour conserver leur prépondérance sur le Rhin. Cette alliance entre saliens et rhénans est scellée par le premier mariage de Clovis avec une princesse rhénane.
2.2. La lutte contre les Gallo-Romains
Ainsi, rapidement, Clovis a les mains libres pour mener à bien sa politique d’expansion vers le Sud. Cette expansion l’amène à affronter Syagrius, chef gallo-romain de l’armée de la Gaule du Nord. Clovis vainc Syagrius près de Soissons vers 486. Par la suite, Clovis étend son royaume jusqu’à la Loire. Dès cette période, et notamment avec l’épisode –légendaire– du vase de Soissons (un évêque avait prié Clovis de lui ramener un vase liturgique volé pendant un pillage), on constate que Clovis continue la politique de son père Childéric, politique qui prônait le développement d’un lien fort avec les évêques gallo-romains.
2.3. La vaine tentative d’invasion du royaume burgonde, et l’alliance entre Francs et Burgondes
Clovis tente d’envahir le royaume burgonde : c’est la Guerre de Burgondie (500/501). Cette guerre étant un échec, Clovis aurait préféré s’allier aux Burgondes, alliance renforcée par le mariage de Clovis et de Clotilde, nièce catholique du roi burgonde Gondebaud, probablement en 493.
2.4. La lutte contre les Alamans et les prémices de la conversion de Clovis
Clovis se serait ensuite attaqué aux Alamans, en les repoussant vers l’ouest à la bataille de Tolbiac (actuelle Zulpich) probablement en 496.
Les historiens associent la bataille de Tolbiac à la conversion de Clovis au catholicisme. En effet, durant cette bataille, Clovis aurait imploré la protection du « Dieu de Clotilde », le dieu des catholiques donc, en promettant de se convertir au catholicisme s’il obtenait la victoire. Il aurait exactement prononcé les paroles suivantes :
« Ô Jésus Christ, si Tu m’accordes la victoire sur ces ennemis, je croirai en Toi et je me ferais baptiser en Ton nom. J’ai en effet invoqué mes dieux, mais comme j’en ai fait l’expérience, ils se sont abstenus de m’aider : je crois donc qu’ils ne sont doués d’aucune puissance… C’est Toi que j’invoque maintenant, c’est en Toi que je désire croire pourvu que je sois arraché à mes adversaires. »
(Grégoire de Tours, Histoire des Francs, édition Robert Latouche, Paris, Budé, 1953)
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3. La conversion de Clovis et l’influence chrétienne
3.1. Le baptême
Par la suite, en effet, on assiste à la conversion de Clovis au catholicisme, et à son baptême, qui eut lieu soit en 496, soit en 499. La seule chose sûre à propos de ce baptême est qu’il a eu lieu le jour de Noël à Reims, et que la cérémonie a été menée par l’évèque Rémi.
Le baptême se pratiquait alors par immersion. Le catéchumène (futur baptisé) pénétrait dans une cuve et était immergé trois fois dans l’eau (chiffre qui rappelle la Sainte Trinité), avant de recevoir l’onction avec le chrême (huile bénie).
Lors du baptême de Clovis, Rémi aurait prononcé ces paroles : « Dépose tes colliers, fier Sicambre (2). » Par ces paroles, il ordonne à Clovis d’abandonner les amulettes qu’il porte autour du cou, amulettes qui sont les insignes du paganisme.
Par la suite, le peuple franc adopta, dans sa majorité, la religion catholique.
On assiste de plus, après l’action de l’évêque Rémi, à une prise d’importance d’autres évêques qui tentent de convertir les autres peuples au catholicisme. C’est par exemple le cas de l’évêque de Vienne qui incite (en vain) le roi des Burgondes, Gondebaud, à se convertir.
3.2. La reprise de l’expansion, politique, mais aussi religieuse
Clovis, désormais catholique, continua sa politique d’hégémonie sur la Gaule, politique renforcée d’ailleurs par la volonté d’étendre la religion chrétienne (ce qui avait été demandé à Clovis par l’évêque Avit de Vienne). Il tenta tout d’abord une fois de plus de dominer les Burgondes, mais en vain, puisque ces derniers reçurent l’aide des Wisigoths. Clovis se réconcilia avec Gondebaud, notamment en mariant son fils Thierry à une petite fille de Gondebaud en 502.
Ainsi allié aux Burgondes, Clovis attaqua les Wisigoths et les vainquit en 507 lors de la bataille de Vouillé, ce qui lui permit de s’emparer de l’Aquitaine. Une telle expansion de son royaume poussa Clovis à prendre une nouvelle capitale, plus « centrale » : Paris, cité fortifiée et prestigieuse.
Désormais, Clovis s’imposait alors comme le plus puissant souverain de Gaule, ce qui lui permit de recevoir la dignité consulaire, titre honorifique qui lui fut attribué par Anastase, l’empereur romain d’Orient.
Dans les dernières années de son règne, Clovis s’empara des royaumes des Francs rhénans en faisant assassiner leurs chefs, et étendit ainsi son autorité au delà du Rhin. L’ensemble du peuple franc apparut désormais unifié sous la seule autorité de Clovis.
Clovis mourut le 27 novembre 511, après avoir partagé son royaume entre ses quatre fils.
_______________________ Notes :
(1) Par la suite, et dans toute l’histoire française, de nombreux rois porteront le nom de « Clovis », sous la forme évoluée de « Louis », transmettant ainsi de génération en génération l’idée de « gloire au combat ».
(2) Sicambre : les Sicambres étaient un peuple germanique qui s’est mêlé aux Francs durant le IIIème siècle. Clovis était descendant d’un Sicambre.
Auteur : Historien
Source : Claude GAUVARD, La France au Moyen Age, PUF Quadrige, 2005
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