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Le règne de Dagobert Ier (629-639)

Dagobert 1er

1. Un roi critiqué mais un roi généreux

Né à Epinay vers 604, nommé roi d’Austrasie en 623 par son père Clotaire II, Dagobert 1er n’entame son règne personnel qu’à partir de 629, pour dix ans, jusqu’à sa mort en 639. Ce roi ne fut pas exempt de critiques : on lui reprocha d’avoir pillé les biens de l’Eglise et des Grands du Royaume, ainsi que d’avoir multiplié les épouses et les concubines. Rien ne semblait prédisposer Dagobert à la postérité que l’on lui connaît aujourd’hui (grâce à une chanson du XVIIIème siècle).

Pourtant, il faut noter que très tôt, Dagobert s’est montré très généreux envers l’abbaye de St Denis (près de Paris). En échange, les moines lui adressèrent des prières qui constituèrent des louanges perpétuelles, lui forgeant ainsi une légende : au cours d’une partie de chasse au cerf (symbole du Christ), Dagobert aurait été miraculeusement conduit jusqu’au tombeau de Saint Denis. A partir de là naquit le lien privilégié entre l’abbaye et la royauté, à tel point que Saint Denis devint le protecteur du royaume.

C’est donc sous Dagobert que s’affermit nettement l’union entre l’Eglise et le pouvoir royal. Il n’hésita pas à légiférer pour définir les obligations des chrétiens, et protégea les moines-évêques qui, en contrepartie, constituaient son entourage et son administration. En effet, parmi ces moines-évêques, on peut citer Saint Amand, Saint Ouen, et bien entendu Saint Eloi. Ils jouèrent de plus le rôle d’évangélisateurs, fondant des monastères au nord du royaume, et permettant les développements urbains dans cette zone (avec notamment la création en 634-635 de la foire de Saint Denis, dont les tonlieux sont concédés à l’abbaye de Saint Denis).

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2. L’importance des fidèles

Le prestige de Dagobert sur le plan de la politique intérieure s’accroît des victoires diplomatiques remportées à l’extérieur (le roi écarte les menaces en évitant les guerres). Son prestige permet le développement des fidèles : en effet, des aristocrates du sud du royaume , d’origine gallo-romaine, viennent jusqu’à Paris pour être nourris à sa cour. Pour combler ses fidèles affluant en masse, Dagobert n’hésite pas à agrandir ses biens propres, en rattachant au fisc des biens de l’Eglise ou des Grands. Mais le pouvoir royal ne change pas pour autant : il reste fondé sur le don et sur l’existence d’une aristocratie nombreuse entretenant des liens personnels avec le roi.

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3. La mort de Dagobert et les difficultés de succession

Le 19 janvier 639, Dagobert meurt d’une crise de dysenterie. Après sa mort, le royaume est partagé entre ses jeunes fils Sigebert III (désigné roi d’Austrasie dès 632) et Clovis II (désigné roi de Neustrie-Burgondie dès 634). Le royaume connaît alors un déclin rapide, dû aux particularismes régionaux, aux groupes aristocratiques et à l’ascension des maires du palais.

Tout d’abord, sur le plan des particularismes régionaux, la Neustrie-Burgondie entre en guerre contre l’Austrasie. En effet, les Austrasiens se sont sentis lésés par la partition du royaume, face à la « réunion » entre Neustrie et Burgondie (cette dernière étant désormais appelée Bourgogne).

Ensuite, sur le plan des groupes aristocratiques, il faut noter que l’aristocratie renforce encore sa puissance, notamment par le fait qu’elle est soutenue par les évêques, qui en sont pour la plupart issus.

Enfin, à propos des maires de palais, il faut noter que ces personnages deviennent de plus en plus puissants. En effet, à la mort de Dagobert, ses deux fils ne sont absolument pas en âge de gouverner ( Sigebert III a 10 ans, et Clovis II a 5 ans). Cet office est de plus un enjeu pour l’aristocratie, car cela lui permettrait de mettre la main sur ce qui reste des revenus royaux. En Austrasie, on assiste alors à la montée en puissance de la famille des Pippinides, dont la fortune et les alliances en font les maîtres de l’axe de la Meuse, centre de renouveau économique et culturel.

Auteur : Historien

Source : Claude GAUVARD, La France au Moyen Age, PUF Quadrige, 2005

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