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Les restes chinonais de Jeanne d'Arc ne sont pas les siens !


En 1909, au moment de la béatification de Jeanne d’Arc, le Vatican avait jugé l’authenticité des reliques conservées au musée d’Art et d’Histoire de Chinon par l'association des Amis du Vieux Chinon (une côte humaine de 14 centimètres de long couverte d’une couche anthracite, des vestiges de bûches et de corps d’animaux) et avait conclu qu'il était «hautement probable» que les restes humains aient appartenu à la pucelle d'Orléans.

Mais, après étude plus récente et plus approfondie, l’équipe scientifique du Docteur Philippe Charlier (qui a tenu une conférence auprès des Amis du Vieux Chinon en décembre 2006) s’est rendue compte que ces restes pr'ésumés de Jeanne d'Arc n'avaient pas été brûlés. Donc, pas de trace de résidus carbonisés, comme cela aurait du être le cas pour un reste de Jeanne d’Arc qui fut brûlée vive, puis deux fois de façon posthume. Ceci n’excluait toutefois pas l’hypothèse du bûcher et de l’appartenance à Jeanne d’Arc, car un corps humain brûlé « éclate » sous l’effet de la chaleur et des éléments peuvent ainsi être dispersés autour du bûcher. Par contre, on a noté que cette côte était en réalité recouverte par une substance noirâtre correspondant à des débris végétaux et minéraux, « quelque chose qui ressemble plutôt à une substance d'embaumement », selon le chercheur. Or, Jeanne d’Arc n’a absolument pas été embaumée.

En outre, on a également étudié un fragment de lin et un fémur de chat qui avaient été trouvés avec cette côte. Aucun des deux ne portait non plus de traces de carbonisation (seulement une teinture pour le lin, et des résidus végétaux donnant cette fameuse couleur noirâtre pour le fémur de chat). Toutefois, les chercheurs estimaient que le fragment de lin pouvait dater du XVe siècle, de même que certains pensent que « la projection de chats dans les bûchers ou d'animal associé au diable est crédible » (d’où les restes de chat).

Seule une datation au carbone 14 peut permettre de donner le fin mot de l’histoire. Après des mois d’analyse, c’est aujourd’hui chose faite : les restes trouvés sont datés du IIIe siècle av. J.-C., et non pas du XVe siècle. La côte qui se trouve au Musée d’Art et d’Histoire de Chinon n’est donc pas une côte de Jeanne d’Arc, mais celle beaucoup plus ancienne d’une momie égyptienne !

Auteur : Historien

Source : Web

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